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 EPISODE N° 7/ LA VIE PROFESSIONNELLE DE GRINDESEL

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GRINDESEL
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GRINDESEL


Nombre de messages : 809
Localisation : Commelle Vernay
Date d'inscription : 21/03/2007

EPISODE N° 7/ LA VIE PROFESSIONNELLE DE GRINDESEL  Empty
MessageSujet: EPISODE N° 7/ LA VIE PROFESSIONNELLE DE GRINDESEL    EPISODE N° 7/ LA VIE PROFESSIONNELLE DE GRINDESEL  EmptySam 2 Mai - 16:51

1955/1958 : Son apprentissage a officiellement commencé le lundi suivant sa sortie de l'école communale, un jour de Juin 1955.
En réalité il fendait déjà quasi tous les samedis du bois à la hache dans le nouveau bâtiment de la scierie pendant que ses copains jouaient au foot et commençaient à s'intéresser aux jeux de notre âge...

Son frère ainé (4 garçon et 2 filles) est parti au service militaire le 05 09 1956 : Nous n'avons donc travaillé ensemble que jusqu’à cette date. L'apprentissage de JEAN PAUL démarra sur le même rythme que son frère en termes d'horaires et de pénibilité toujours sans être déclaré !

Occuper un poste d'adulte par chance hyper diversifié dès 14 ans est un bon entraînement pour observer, réfléchir, apprendre à relativiser, découvrir de gré ou de force la modestie et progresser à marche forcée vers le monde des adultes...sous peine d'être broyé !

JEAN PAUL est parti volontairement de La Pacaudière le MERCREDI 30 07 1958 soit 4 mois avant le retour d'Algérie  de Michel. Il avait dépassé le temps de l'apprentissage... Entre temps son père avait heureusement  embauché un employé pour le remplacer.

Commencer son  adolescence à 14 ans était encore courant en 1955. Il suffisait d'écouter et observer pour remarquer que la période qui s’annonçait allait être riche en évolutions sociales et techniques ! Elle fut bien au-delà de ce que Grindesel imaginait !

PROGRAMME DE FORMATION PATERNEL

1/ PRESTATIONS DE TRAVAUX AGRICOLES
3 campagnes de moissons et de battages à 14/15 et 16 ans quasi non-stop de 40 à 50 jours...avec 12/13 voir 15 heures de présence sur site chaque jour…
Avantages en nature : Cafés brûlants ou bols de lait baveux venant d'être tirés à condition d'arriver tôt à la ferme! Délicieux – mais inchangé - menus du jour dans un cadre rustique, bruyant, mais sympathique repas de fête dévorés par une vingtaine de voisins et journaliers, tous plus costauds et vantards les uns que les autres.
Grindesel était le seul de son âge parmi les marmots présents à se trouver sur leurs bancs et à en sortir le premier avec son frère pour suivre leur père toujours pressé !

La première année ce fut finalement ses premières vacances de fin scolaire qui ont vite tournées à une espèce d’euphorie : Il se prenait pour une espèce de vedette faisant le tour des fermes avec un monstre mécanique fonctionnant dans une incroyable poussière : le BALOU… poussière de tamisage indescriptible et très irritante rejetée par les grains de blés, avoines mais surtout par le seigle dans un bruit sourd de sirène permettant d'entendre la batteuse à des lieux.

On rentrait le soir noir comme un mineur de fond ! En guise de baptême il eu droit, le premier jour, à être jeté dans le tas de balou... ce qui lui valut une bonne douche avant de se coucher !

Les plus costauds faisaient des concours de portée de sacs de grains montés en général dans une fenière (grenier)  via un escalier extérieur sans rambardes mais, parfois… une simple mais solide échelle ! Un sac de blé pouvait peser 100 kg... !

Après un pantagruélique repas c'était la sacro-sainte mais courte sieste dans le paillis ou sur une meule de paille pour certains déjà fatigués par la boisson et la chaleur combinée avec la poussière. Après ces excès de table les hommes attendaient ce moment mais notre père en limitait la durée en redémarrant la batteuse qui faisait office de sirène pour la reprise des postes.

Cette sirène d'un son très caractéristique alimentait les conversations alentours : 'Vous étiez chez untel tel jour… Évidemment ! Ça a rendu des quintaux ? C'était radio local batteuse.
Grindesel a appris ainsi que le salaire des agricultures était lié au soleil et à la pluie pas trop encore 'aux aides '… Le reste c'était leur affaire ! La chasse, les champignons, le jardin étaient des passes temps alimentaires. Ils le sont d'ailleurs toujours mais ne sont plus comptabilisés dans leurs revenus... Leurs frigos seraient maintenant alimentés par l'état ? Peut-être aussi grâce aux actions performantes de leur(s) syndicat (s) /Cumas /Coopératives et autres actions 'coup de poings' inspirées par des luttes sociales... inspirées par la migration des agriculteurs vers l'industrie commencée au 19 ème siècle.

Allez donc savoir où est le vrai du faux après avoir manier la faux depuis la nuit des temps ! Ça laissait le temps de réfléchir et de se former 'le caractère'...

Quel que soit le temps, de préférence par une chaleur étouffante, moissonner ou 'battre à la machine' était à l'époque la vraie fête des agriculteurs ! Ce n'est que souvenirs qui se perdent !

Durant la sieste les 3 Galland graissaient les rouages de la batteuse et de la presse à bottes de pailles, retendaient des courroies et réglaient ce qui en avait besoin.

Ainsi ils évitaient les excès de table ce qui permettait de déclarer le top départ en redémarrant 'le cirque' à nouveau sans que l'on ait droit à plus de 5 /10 mn de repos histoire de démontrer que ce n'est pas le nombre d'heures travaillées qui fatigue !

C'est même un gage de bonne santé...pour ceux qui ont la chance d'avoir du boulot ! Mais un gage ce n’est pas une certitude… Ce n'est qu'un gage comme celui qu'on donne à la banque quand tu fais un prêt… Tu as compris Faustine ? Demande à papa il t'expliquera...

Le soir on décalait la machine sans oublier le moindre outil ou pièce de calage, et on repartait illico vers la ferme suivante pour être prêt à redémarrer tôt le lendemain… Ce programme était parfois contrarié par le temps, les incidents de parcours et l'importance de la ferme occupant la batteuse entre une demi-journée et deux jours.

Ce temps signait l'importance ou la surface emblavée de chaque ferme visitée…

La deuxième année fut une catastrophe agricole ! Il avait trop plu durant les moissons, les sols étaient détrempés et le ciel continuait de pleurer quasi chaque jour !

Les meules avaient germées au point que certaines gerbes étaient en voie de pourriture ! Les chemins et fossés étaient devenus dangereux pour la batteuse à roues cerclées de fer ! Pour nos amis clients c'était d'évidence une mauvaise récolte !

Pour les GALLAND ce fut des journées plus longues, plus pénibles et des nuits plus courtes...

Dure année mais surtout tristes résultats financiers pour les agriculteurs… Il fallut passer des heures de labeur à sortir tracteur et batteuse de la boue de fossés ou aires de battages détrempées, avant de pouvoir caler à nouveau batteuse et tracteur de niveau et redémarrer le lendemain au lever du jour et parfois dans le brouillard pour une triste journée ! Il fallait même corriger les calages en cours de journée, voir le matin avant de redémarrer, sinon la longue courroie croisée qui reliait le tracteur à la batteuse sautait des poulies malgré le pain de résine qu'on lui appliquait régulièrement pour tenter de faire ronronner la batteuse à son bruit habituel sinon l'engreneur se bloquait et c'était la corvée pour le débourrer !

Nous rentrions fourbus de la ferme et repartions de la maison de nuit le lendemain matin pour parer à des problèmes éventuels. Ce fut des conditions de travail de bagnards... Grindesel découvrit cette année-là qu'il n'était pas le seul à les vivre ! Combien avaient lu Zola et prestigieux copains de son époque ?

Le bon accueil, la disponibilité, l'entraide qui régnait entre agriculteurs et quelques gentillesses qui étaient furtivement et rapidement réservées à Grindesel sous peine de voir son père le réclamer, lui sont heureusement restés de merveilleux souvenirs.

Il se rappelle de Madame MONTAGNIER ‘à la Frairie', exploitant, avec un mari tout aussi gentil qu'elle, une petite ferme au pied du village médiéval de LE CROZET, à 2 km de La Pacaudière. Elle le régalait chaque année avec une délicieuse tarte aux pommes (qu'elle appelée guouire) en lui disant 'mon pauvre petit, battre à la machine à ton âge' ! Depuis il raffole des pâtés et compotes de pommes et n'a pas oubliée cette brave femme...

Il ne comprenait pas trop pourquoi son travail semblait la chagriner alors qu'il le dopait…Un client lui a un jour glissé, en décalant la machine avec nous ce qui était rare, un tout aussi rare billet de 50 anciens francs dans la poche (à peine 2 euros 2019) : Cette année-là il avait dû battre ses records de récolte mais il fut le seul à le remercier ainsi durant ces trois inoubliables campagnes de battage !

Sa mobylette Motobécane 'sport', équipée d'un silencieux  d'échappement pour l'époque à la mode, fit plus de km cette année-là.

Il a commencé à rêver d'une moto. Il a finalement pu acheter une superbe 125 cm3 sport gris métallisé neuve Peugeot car son père le rémunérait 'bien' tout en étant nourri/ logé/ blanchi… Un bonus important pour un apprenti qui ne subissait pas les tentations modernes actuelles...

Après avoir revendu sa Mob et vidé son compte à la caisse d'épargne il contracta son premier crédit au crédit agricole sur deux ans ... ! Un beau souvenir, la liberté d'aller voir plus loin et, rétrospectivement pour avoir fait une chute sans dégâts sur la route de Changy à Ambierle, avoir déjà eu beaucoup de chance sur les routes d'une époque moins encombrées !

Curieux de tout il observait, appréciait et commençait à se rendre compte que chaque personne avait sa personnalité, chaque contact l'enrichissait et qu'une part de liberté lui appartenait.

2/ PRESTATIONS DE TRAVAUX FORESTIERS ET SCIERIE
Avant qu'il ne l'embauche son père avait acheté son premier tracteur d’occasion : le fameux FORDSON à pétrole 21 cv gris foncé acheté dans un surplus Américain.
L'Amérique étaient venue nous aider en 1944 avec ses GI's et n'avait pas rapatriée ses matériels revendus d'occasions : Jeep / GMC... ! C'est ainsi qu'elle nous a rapidement envahi avec ses technologies via le plan Marshall mis en place en Juin 1947 comme dans le monde entier hors Union Soviétique !

Radio La Pacaudière lui a rapporté qu'un jour où il avait fait un rude hiver, poussé par une remorque surchargée et non freinée, le Fordson passa le village de LE CROZET 'en glissade contrôlée', autrement dit en glissade sur du verglas ou de la neige (?). Le père Galland maîtrisa la glissade sans sauter du tracteur ! Le contraire aurait étonnant...

Entendre parler de son père en forestier quelque part kamikaze ne lui avait jamais déplu… A cette époque il lisait des bandes dessinées sur les exploits Américano Nippons lors de la guerre mondiale dans les îles du Pacifique. Elle était déjà oubliée et amusait l'enfant qu'il était encore quelque part !

Ce tracteur a été remplacé par un SOMECA plus puissant, neuf de 40 cv avec treuil, plus adaptée pour tracter la batteuse dans les chemins de campagne encore calibrés pour les chars à bœufs ! Cet achat donna une autre dimension à l’entreprise.

Apprenti, il occupait ses dimanches matins à suivre le feuilleton des gouvernements changeant tous les mois… en lisant chez nos voisines bistrot marchandes de journaux .

Mr et Mme TACHER épiciers et vendeurs de magazines chez qui, plus jeune, il en profitait pour chipper (parfois) une poignée de cerises ou autres tentations du moment en trompant leur vigilance !

Un bon coup de gueule, une claque ou tirage de cheveux a suffi pour lui éviter de développer une délinquance qui se limitait à tirer aussi, un temps, la sonnette de leurs voisines et courir se régaler du spectacle d'une mère et de sa (vieille fille) outrées sur le pas de leur porte, caché dans une espèce de traboule permettant de ressortir, calme et digne, sur la N7 opposée…

Précision : pour cet exercice risqué il n'était jamais seul. Jean Charlieu était avec lu. Sa présence le rassurait et le motivait en même temps !
Adolescents ils ont préférés se lancer dans des compétitions de mobylette/ cross à l'étang de Picamot, transformée, l'été, en vaste piscine plus ou moins propre, pêche en tous genre, plus ou moins aménagée et non surveillée ce qui nous convenait bien.

Jean Charlieu et grindesel avaient tracés sur ce site un super circuit autour du déshabilloir à trois cases, munies de portes plus ou moins délabrées auxquelles un copain, plus âgé, avait osé kidnapper les serrures !
On préférait évidemment en voir sortir les filles en bikini plutôt que nos copains ! On se baignait et on se séchait auprès d'elles en fumant parfois du sureau… Problème : Y'avait toujours un plus âgé que nous pour arriver et capter leurs attentions !

Le pire ce fut quand l'un d'eux arriva un jour en 4 CV Renaut décapotable...avec radio et sièges en cuir ! Il était boulanger...et maria plus tard la copine de Michel ! L'histoire ne sait pas s'il la roula ou pas dans la farine, par contre vu leurs gabarits respectifs y'a dû en falloir un bon sac !

Tous les jours de battage nous partions avec Michel assis sur un garde bout de tracteur avec notre père qui conduisait, sans s'inquiéter de nos postérieurs. On avait encore sommeil et notre père roulait vite pour rejoindre le nouveau site de battage.

Avec les cahots des chemins dans un jour naissant aux visions et rencontres fascinantes 1 km suffisait pour finir de nous réveiller ! Le jour lui-même semblait pourtant lui-même hésiter sans vraies raisons alors que nous... ! Le ciel ne pouvait se plaindre puisque c'est lui qui a inventé les courtes nuits d'été !

Nous étions en Juillet et Août. Les congés payés recommençaient à se bousculer sur la RN7 mais hésitaient à s'en écarter. Ils roulaient 'vers la grande bleue'… via la 'route bleue'. Ce fut l'une de ses énigmes de jeunesse. Maintenant il sait. Y'avait pas de quoi en faire un tel fromage !

Nous on ne bronzait qu'aux extrémités. On était tous coloriés pareil donc personne ne faisait de complexe sur ce sujet : L'avant-bras/ le visage / le cou et les jambes suivant la longueur ou l'absence de short...Parfois le dessus des pieds... Par contre les vaches charolaises tentaient vainement de bronzer intégral. Y'avait bien des vaches bronzées et même plutôt noires...mais pas complètement ! On a comprit qu'elles venaient de Bretagne dans les annéees 1970 …

Suivant notre charge de travail prévisionnelle, nous partions de la maison entre 4h30 et 6 h du matin pour rentrer en général à la nuit voir 'dans la nuit' une fois le travail fait s'il fallait décaler et recaler la batteuse chez un client suivant. Sauf rare exception notre père préférait redémarrer sa journée chez un nouveau client...avec un ensemble prêt à démarrer après avoir tous bu un café bouillant avec une larme de lait frais tiré !
Tous les anciens copains et copines de grindesel étaient poursuivis par leurs études et s'en reposaient les week-ends. Certains partaient avec leurs parents...Il a ainsi raté l'un des premiers meetings d'aviation ou il révait d'aller à l'aérodrome de Roanne ! Tous ses copains y étaient !

Les chiffres et ses diplômes l'ayant rendu envieux, adulte l'un de ses amis a terminé un temps à l'ombre et a eu des difficultés pour retrouver ensuite un job. Dommage pour lui car il était doué pour les chiffres... Il a paraît-il terminé sa carrière de comptable sur terre le croirez-vous : EN SUISSE !

Prétentieux et fier de ses diplômes acquis sur le tas grindesel mesure le chemin parcouru en matière de management de jeunes restant 'jeune… à des âges de plus en plus assistés'. Collectionner les voyages à l'étranger est devenu une banalité. Beaucoup en reviennent remontés contre la difficulté de 'boucler leurs fins de mois' juste pour en revenir bronzés ! C'est bizarre !

A suivre ...
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