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 EPISODE N11 - Mr CHERVET, expert artificier en Bois Bûches

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GRINDESEL
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GRINDESEL


Nombre de messages : 809
Localisation : Commelle Vernay
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EPISODE N11 - Mr CHERVET, expert artificier en Bois Bûches Empty
MessageSujet: EPISODE N11 - Mr CHERVET, expert artificier en Bois Bûches   EPISODE N11 - Mr CHERVET, expert artificier en Bois Bûches EmptyJeu 13 Aoû - 15:34

EPISODE N11 - Mr CHERVET, expert artificier

Fin d'été 1955 notre père prit un très gros chantier et demanda l'aide d'un bon voisin car il avait décidé d'innover !
Ce fut le premier chantier de ce genre auquel JEAN PAUL participa avec son frère Michel et son père.
Le contrat stipulait de raser tous les bois pour qu'une entreprise spécialisée y replante des Douglas sur les 90 ha du domaine dit 'Chez Marchand', situé à quelques km au-dessus du village médiéval de Le Crozet – à l'époque proche de la ruine - au croisement de la route des BIEFS et de Saint Bonnet des Quarts, à 8 km de notre village.
Notre père connaissait bien ce domaine pour avoir un temps envisagé de l'acheter au lieu de monter une scierie... Le meilleur lui manquait ...

C'est ainsi qu'il est entré en relation avec l'acheteur final et a proposé ses services, fort de son nouveau tracteur, de ses deux fils et d'un artificier émérite… ce qu'il ne dévoila pas de suite.

D'ailleurs qui eut cette explosive idée ? ! Est-ce Mr CHERVET ou leur père ?
Visitant le site il y a quelques années pour voir ce qu'il était devenu JEAN PAUL fut surpris de constater que quelques bordures avaient été plantées en chênes d'Amérique ! Vu l'altitude (7/800 m) ce fut d'évidence un très mauvais choix ! Ils sont tout rabougris ! De plus leurs têtes n'ont pas bénéficiés d'une bonne taille… Ceux plantés en 1992 par son beau père sont autrement plus beaux : JEAN PAUL les a bichonnés dès 2002 et les surveille régulièrement !
Notre père savait qu'à cette époque l'entreprise BOURRAT DUBOURG, tranchage de bois noble (Noyers / Merisiers / Chênes / Frênes...) installée le long de la voie ferrée, face à la gare de Le COTEAU coté Commelle Vernay, possédait une impressionnante machine à vapeur alimentée par une non moins impressionnante chaufferie au bois pouvant être alimentée avec de gros quartiers de bois verts toutes essences, fendues ou non en 1 m de long.
Marché conclu pour livraison d'environ 1000 tonnes en convoi de deux remorques livrées deux fois par semaines en flux tendu… grâce aux tracteurs SOMECA 40 cv utilisé pour les travaux agricoles plus le LATIL de 65 cv réservé aux travaux forestiers.

La fendeuse hydraulique n'était pas encore connue et, de toute façon, même si elle avait existé je doute que notre père s'en soit contentée. A l'époque c'était la masse et les coins . Il avait son idée sur la question lorsqu'il a proposé son service ..!
JEAN PAUL a retenu cette leçon. Il a toujours essayé d'imaginer une astuce pour augmenter la productivité tout en réduisant la peine.
Pour lui, le plus rapide c'était de faire exploser cet important volume de bois énergie de diamètre supérieur à ce qui ne pouvait pas entrer dans le gueuloir de la chaudière du client !

Récemment équipé d'une des premières (mais lourdes) tronçonneuses à deux hommes PPK à chaîne orientable à 90° permettant soit d'abattre des arbres jusqu'à 1 m de diamètre puis les débarder sur un pré servant d'aire de stockage soit de les découper en rondelles de 1 m pour livraison.

Le processus de fente par explosion était simple, rapide, à mon âge follement amusant et peu fatiguant ce qui permettait de faire de longues journées en arrivant sur site et repartir à la nuit entre 6 h30 et 19 heures !
D’où la présence d'un voisin aux talents d’artificier... apparemment inconnus de sa fille unique récemment rencontrée !

PROCESS
1/ On plaçait 3 lignes de grumes de toutes longueurs de qualité bois énergie que l'on  tronçonnait à 1 mètre. Suffisamment éloignées l'une de l'autre afin de ménager 3 confortables lignes 'de fuite' pour les 3 GALLAND (45 /19 et 15 ans autant dire dans la force de l'âge !) chargés d'allumer les charges via une mèche individuelle à poudre noire...réputée à combustion lente...
On n'avait pas de chronomètre ! On allait au plus vite possible tout en conservant le goût de la performance qui alla crescendo !
Mon père, mon frère Michel et moi-même percions un trou de 30 mm à cœur avec une tarière manuelle individuelle ce qui prenait le plus de temps et était le plus pénible.
Condition importante : Ne pas insister si la tarière rencontrait des veines de bois pourries sous peine d'échec de l'opération qui se traduisant par un ridicule 'spchitt'...nous laissant néanmoins inquiet que la charge n'ai pas la bonne idée de finir tout de même par exploser...
2/ Mr CHERVET suivait avec un petit maillet, un manche de 25 mm de diamètre longueur 50 cm... un seau de 5 kg de chlorate et un rouleau de mèche à poudre noir à combustion lente et procédait comme suit :
a/ Pose d'une mèche de longueur toujours identique (Base : Diamètre maxi du billon1 m), quel que soit la profondeur de perçage :
b/ Dépose d'une cuillère à café de chlorate au fond de chaque trou voir un peu plus suivant l'aspect et l'essence du bois.
c/ Bourrage précautionneux du solde du perçage avec de la sciure verte se trouvant en abondance au pied de chaque victime désignée. Vérification du nombre de mèches pouvant être allumées en série par chacun des 3 artificiers…

Ce travail fait, satisfait et fier du résultat, Mr CHERVET fendait chaque sortie de mèche sur 10 mm et reprenait chaque fois son éternelle et superbe pipe soigneusement déposée sur le tas de bûches fendues le coup d'avant et la relançait avec un vieux briquet...
JEAN PAUL en avait déduit qu'il devait tout de même stresser un peu car il tirait très fort sur sa bouffarde...En réalité il craignait qu'elle se soit éteinte entre temps...

Jusqu'au jour où, devant lui, il dû la rallumer et 'pffuf !' sa magnifique moustache amoureusement frisée par un geste purement machinal de satisfaction après chaque fin d'opération…s'enflamma car elle avait servi d'essuie mains, et ne fondit , malheureusement, que du seul côté gauche !

Oh le spectacle et sa tristesse (à ses yeux heureusement sauvegardés) d'imaginer ce à quoi il allait ressembler ! Dommage nous n'avions pas d'appareil de photos et le téléphone portable n'existait pas encore...

Ce brave homme ne méritait pas cet affront ! Sa fille n'apprit ce triste épisode que ce 4 Octobre 2019 ou je l'ai saluée à la sortie des obsèques de Madame Berthuet mère de mon ami Daniel lui aussi décédé! Son père s'était bien gardé de s'en vanter...

SUITE DE L'OPERATION

d/ Chacun étant muni d'un briquet, y compris JEAN PAUL, 15 ans… allumat les mèches dans l'instant suivant un coup de corne tenue par le maître artificier. Nous avions ordre de fuire au deuxième coup de corne pour se protéger à toute vitesse derrière un tas de bois plus sécurisant…Certains morceaux de bois voltigeaient à 20 mètres de haut ! La dose pouvait dépasser l'estimation du maître des feux !

e/ Fin de l'opération : Comptage du nombre d'explosion pour être certain que l'une d'elle ne se produise pas... dans la chaudière ou à retardement... ! ce qui aurait (peut-être) pu se produire ce qui ne fut … comme aurait dit Raymond DEVOS !
A la fin, avec Michel, on comptabilisait le nombre d'explosions en série que chacun de nous... osait tenter ! Notre père nous encourageait plutôt… ! A son âge il courrait moins vite que nous…
Tout s'est parfaitement bien passé avec un record d'allumage collectif de 39 billons pour 3 opérateurs.
Nous avons ainsi vu arriver et fait (rapide) connaissance avec les quelques agriculteurs du secteur se demandant bien 'quelle affaire nous menions pour faire tant de bruit ...aussi rapprochés ' ! Il s'en est parlé longtemps dans les rares chaumières locales!

Dieu de dieu on croyait que vous exploitiez une carrière !

De cette coupe ou, au départ, mon père ne pensait récolter que du bois énergie nous avons retiré un certain volume de billes de pieds de qualités sciages dont de beaux merisiers, à l'époque très demandés, ce qui lui donna l'idée de s'y intéresser et nouer des relations avec les meubles de style Louis XVI Marjollet de Balbigny 42 et quelques trancheurs spécialisés depuis tous disparus avec la mode des meubles IKEA ou similaires...

L'activité 'négoce de grumes ' venait de naître dans l'esprit de notre père. Michel allait exploiter cette filière et JEAN PAUL s'égarer dans la vente de machines pour les scier…

Souvenir Proposé le 15 08 2020

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